La chimiothérapie orale

Organisme Datadocké Publié le par chez Proformed . Modifié le

De plus en plus de médicaments de chimiothérapie existent désormais sous une forme orale, c’est-à-dire sous forme de comprimés ou de gélules que l’on avale. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette nouvelle façon de soigner les cancers.

Le plus souvent, un traitement par chimiothérapie est administré par voie intraveineuse, au cours de perfusions. Généralement, parce que des injections répétées ont tendance à irriter, voire à abîmer les veines, les perfusions sont réalisées par le biais d’un cathéter.
Ce dispositif implanté sous la peau est muni d’un tube souple qui va directement dans une veine.

La réalisation des perfusions s’accompagne d’un certain nombre de contraintes : il faut se rendre à l’hôpital pour les recevoir, il faut attendre pour la préparation de son traitement, à quoi s’ajoute le délai de la perfusion elle-même. Par ailleurs, le cathéter nécessite des soins pour éviter le risque d’infections.

 

1/ Un mode de traitement en plein développement

Pour limiter ces contraintes liées aux injections intraveineuses, médecins, chercheurs et laboratoires pharmaceutiques tendent de plus en plus à mettre au point des médicaments de chimiothérapie qui peuvent se prendre par voie orale.

À l’heure actuelle, environ 5 % de l’ensemble des médicaments de chimiothérapie se prennent par voie orale. Certains de ces médicaments sont relativement anciens. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit soit de formes orales qui ont été mises au point à partir de la forme intraveineuse, soit (pour les plus récents) de médicaments qui ont été directement conçus pour être pris par voie orale. Ainsi, 20 à 25 % des médicaments de chimiothérapie en cours d’évaluation dans des essais thérapeutiques se présentent sous une forme orale. Autrement dit, la chimiothérapie orale est appelée à devenir de plus en plus fréquente.

 

2/ Simplifier le traitement

L’objectif de la chimiothérapie orale est double : d’une part, il s’agit de supprimer les contraintes et les risques liés aux perfusions, d’autre part, de proposer un traitement qui s’adapte plus facilement aux activités journalières et qui préserve davantage le confort au quotidien des patients. En d’autres termes, la chimiothérapie orale est un traitement qui simplifie la vie par rapport à la chimiothérapie par voie intraveineuse.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la majorité des personnes atteintes d’un cancer auxquelles une chimiothérapie orale est proposée, déclarent qu’elles préfèrent ce mode de traitement par rapport à la chimiothérapie par voie intraveineuse. Plusieurs études montrent que les raisons de cette préférence sont notamment que le traitement est plus pratique et qu’il s’accorde mieux avec la vie quotidienne.

 

3/ Une efficacité maintenue

Une question fréquente est de savoir si la chimiothérapie orale est aussi efficace que la chimiothérapie par voie intraveineuse. En fait, quel que soit son mode d’administration, une nouvelle chimiothérapie n’est autorisée à la prescription qu’après toute une série d’études et d’essais cliniques auprès de malades, et uniquement si les résultats obtenus sont satisfaisants en termes d’efficacité et de tolérance. Le simple fait que le médecin puisse  proposer une chimiothérapie orale atteste que l’efficacité de celle-ci a été prouvée.

 

4/ Des changements importants

En pratique, qu’est-ce qui change avec la chimiothérapie orale ? Le premier point, c’est que l’on a plus à se rendre à l’hôpital ou à la clinique pour recevoir son traitement. Une fois la prescription établie par le médecin, on retire la ou les boîtes du traitement à la pharmacie du centre d’oncologie (ou en officine de ville éventuellement) et on les ramène chez soi. Le traitement se prend à domicile. Le nombre de comprimés ou gélules à prendre à chaque prise, le nombre et les horaires de prise dépendent du traitement qui a été prescrit.
Le second changement important, c’est qu’il revient au patient de gérer son traitement, c’est-à-dire de penser à le prendre, aux jours et heures dites, et de prévoir les prises lorsqu’on se déplace hors de son domicile. L’efficacité du traitement dépend en grande partie de sa capacité à bien le suivre. Pour cela, le médecin, le pharmacien de ville et l’infirmier libéral ont un rôle clé dans cet accompagnement.

 

5/ Différentes formes de cancers concernées

Plusieurs médicaments de chimiothérapie orale sont actuellement disponibles en France. Ils concernent notamment le traitement de certaines formes du cancer du sein, du côlon et du rectum, du poumon, du cerveau, de l’ovaire, du testicule, de la peau et certaines formes de myélome, de lymphome et de leucémie.
Ces chimiothérapies orales peuvent être prescrites seules ou associées à d’autres traitements.

 

6/ Un suivi régulier

Que la chimiothérapie soit orale ou par voie intraveineuse, le suivi médical ne change pas. L’oncologue devra suivre les effets du traitement, vérifier la réaction de l’organisme, interpréter les bilans sérologiques. Entre deux rdv, le pharmacien et l’infirmier libéral vont jouer un rôle clé dans l’accompagnement du patient.

 

7/ Quelles sont les questions et motifs d’inquiétude du patient ?

Il peut arriver au cours du traitement avec une chimiothérapie orale que le patient ne sache pas forcément quoi faire.

Ce peut être le cas si :

  • Il a oublié une prise.
    Il faudra alors lui conseiller d’attendre l’heure de la prise suivante et de prendre le nombre de comprimés ou gélules prévus. Il ne faut surtout pas chercher à rattraper la prise oubliée en prenant une double dose, l’organisme pourrait mal le supporter.
  • Le patient ne sait plus si vous avez pris ou non vos comprimés ou gélules.
    Là encore, dans le doute, il faudra lui conseiller d’attendre la prise suivante.
  • Le patient craint d’avoir pris trop de comprimés ou gélules lors d’une prise.
    Dans ce cas, il faut conseiller au patient de prendre rapidement contact avec son médecin. S’il est injoignable, il faut le diriger vers un autre médecin du service où il est suivi qui lui indiquera les éventuelles mesures à prendre. C’est à ce stade que le pharmacien de ville ou l’infirmier libéral peut jouer un rôle clé dans l’accompagnement.
  • Le patient a des effets indésirables qui l’inquiètent.
    Si des effets indésirables le préoccupent, parce qu’ils sont plus importants ou fréquents qu’à l’accoutumée, ou parce qu’ils sont inhabituels, il faudra le rassurer par des conseils appropriés et lui conseiller de prendre contact avec son médecin traitant.